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Situation de quelques secteurs d’interventions en République dominicaine
La production agricole a subi de graves dommages. Dans les années 1980, la vente du sucre constituait la première rentrée d’argent au pays, maintenant elle se classe en troisième position. Le prix de vente des denrées d’exportation sur le marché boursier a chuté de façon dramatique. Par exemple en 1999, une livre de café vert se vendait 1,50$ US, de nos jours ce prix s’établit à 0,50$ US. La même situation touche d’autres produits tels le riz, plusieurs fruits et le sucre, ce qui influence grandement la situation des coupeurs de canne à sucre qui sont principalement des immigrants haïtiens.

Le tourisme alternatif: depuis une dizaine d’années, la République dominicaine est devenue une destination très prisée. Les touristes sont très nombreux et proviennent d’Allemagne, d’Italie, de Norvège et, bien sûr, du Canada. Les forfaits offerts aux clients le sont, en général, par de grandes chaînes hôtelières qui, certes, créent de l’emploi, mais à des conditions très précaires. Les employés dominicains en milieu hôtelier, principalement des femmes, reçoivent en moyenne 3 800 pesos (soit l’équivalent d’un peu plus de 100$ CA) pour un mois de travail, comprenant 11 jours consécutifs de travail de 15 heures par jour. Comme les hôtels sont principalement situés près des côtes, les femmes doivent bien souvent s’éloigner de leur famille durant de longues périodes. Le tourisme alternatif, qui est de plus en plus en demande, offre une option équitable pour beaucoup de ces hommes et femmes. En effet, il offre aux femmes des emplois à des conditions plus justes et équitables à proximité de leur communauté. Les projets en écotourisme permettront que des femmes occupent des postes de gestion, par exemple comme directrice ou coordinatrice dans des comités de gestion. Actuellement, le poste de direction des cabanes touristiques de la JUNTAYAQUE, dans la communauté Los Calabazos, est occupé par une femme.

Le secteur informel: le nombre d’emplois générés par ce secteur est phénoménal. Néanmoins, peu de petits entrepreneurs, et particulièrement de productrices, ont accès au financement des institutions financières et si par chance, ils ou elles obtiennent un prêt, le taux pour le prêt peut s’élever de 24 à 50 %. Le taux de chômage est également très élevé en République dominicaine et cette réalité affecte principalement les jeunes et les femmes de ce pays. Le secteur des micro-entreprises dans les quartiers populaires se développe rapidement. Notamment, ce sont les femmes qui démarrent et s’occupent de la gestion de ces unités productives, car une micro-entreprise répond particulièrement bien aux besoins de beaucoup de femmes dominicaines. Ces petites unités productives permettent une gestion globale des responsabilités familiales et commerciales des femmes dominicaines puisqu’elles sont basées principalement près ou au domicile familial. Cette proximité du noyau familial permet également une meilleure participation des autres membres de la famille dans les activités commerciales et familiales, ce qui renforce une approche solidaire au développement économique de l’unité familiale.

La situation de la femme haïtienne dans les bateyes (espace semblable à un village où vivent les braceros – les coupeurs de canne à sucre et leur famille) est encore plus vulnérable. Sa présence n’est pas reconnue ni dans les bateyes ni dans les champs de canne à sucre. On est porté à croire que ce sont seulement les hommes qui travaillent comme braceros (coupeurs de canne à sucre) en République dominicaine. Or, il n’en est rien puisque environ 5% des coupeurs de canne sont des femmes, à qui on paie la moitié de ce que reçoivent les hommes. Finalement, les Haïtiennes ne possèdent ni le droit au logement, ni le droit aux services de santé. Le travail de la femme haïtienne dans les champs de canne fait l’objet de discrimination. Il n’y a pas de registre des femmes qui vivent dans les bateyes et la seule fonction qu’on leur reconnaît est celle de garantir la présence des braceros pour les prochaines zafras (récoltes). Ainsi, comme on ne reconnaît pas à la migrante haïtienne son existence, elle n’obtient ni papiers, ni bénéfices ou prestations. Par conséquent, elle et ses enfants sont condamnés à une situation d’illégalité et d’exploitation permanente. La même situation se présente si son mari meurt ou s’il est déporté; la famille demeure complètement désemparée.

Pays confronté à une grande pauvreté, la République dominicaine ne fait pas exception et connaît un taux de violence familiale élevé, particulièrement la violence auprès des plus vulnérables soit les femmes et les enfants. Pourtant, ce pays s’est doté en 1998 d’une loi pour la protection des femmes, des adolescents et adolescentes, et des enfants. Des sanctions sont prévues pour condamner ceux qui contreviennent à cette loi, mais cette dernière est très peu appliquée. Le projet de l’organisation CENSEL (Centro de Estudios Legales para la Mujer) appuie ces femmes en offrant un support et un accompagnement légal. De plus, le partenaire travaille avec des leaders communautaires pour faire connaître les lois auprès des autorités municipales et provinciales afin d’instaurer une démocratie participative à tous les niveaux.

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Haïti
En 2003, Haïti, le pays le plus pauvre d’Amérique, se classait à la 145e position, sur 175, selon le rapport mondial de développement humain du Programme de développement des Nations Unies (PNUD). Les problématiques sont énormes, l’écart entre les riches et les pauvres est gigantesque. Environ 1% de la population détient 44% du revenu national. Le chômage est extrêmement élevé, environ 70% à 80% de la population active travaille dans le secteur informel. L’économie du pays repose principalement sur l’agriculture. Cette dernière compte pour 33% de la production nationale et occupe plus de 66% de toute la main-d’œuvre. La culture du café et de la canne à sucre sont les principales ressources agricoles du pays. Le café représente à lui seul 17% des revenus du pays. Toutefois, les revenus du pays proviennent principalement des devises que les Haïtiens vivant à l’étranger envoient à leur famille.

Le niveau de vie généralement très faible de la population haïtienne, l’absence d’investissements importants dans le secteur public en dépit de son poids et de son importance dans l’économie du pays, constituent un frein au développement d’une agriculture à priori prospère et économiquement rentable pour les agriculteurs.

Le pouvoir d’achat de la population est faible. Les revenus servent principalement à couvrir les besoins de base: la nourriture, les vêtements, l’éducation, les soins de santé, le transport et l’habitat. Les surplus sont parfois affectés à l’achat d’appareils électrodomestiques: téléviseur, radio et autres. Plusieurs investiront aussi dans des produits non périssables pour affronter des périodes plus difficiles. C’est la situation de l’emploi qui rend la réalité économique des familles difficiles.

Le projet d’Usine de Transformation Alimentaire – dans la région Nord-Est où oeuvre notre partenaire la Fondation Saint-Vincent – répond à la fois à une nécessité et à un besoin pour la communauté. En effet, les pâtes alimentaires font déjà partie des habitudes de consommation de la population haïtienne. Toutefois, l’accès à ce produit est difficile pour les populations de la région Nord-Est du pays. En effet, son acquisition exige un déplacement des commerçants de Grison-Garde vers les frontières haitiano-dominicaines, ce qui, du fait des coûts de transport et autres dépenses inhérentes, entraîne une hausse du prix du produit sur le marché local et, par conséquent, une baisse considérable du pouvoir d’achat des petites bourses. Il s’agit grâce à cette usine de transformation, de favoriser l’accès à ce produit et à moindre frais pour la population, tout en stimulant l’économie de la région caractérisée par une augmentation de l’offre de produits sur le marché local. L’usine de transformation alimentaire vise à remédier au problème de malnutrition de ces populations. Elle s’inscrit dans une vision de renforcement des initiatives locales et provoque des effets d’entraînement dans toute la structure économique de Grison-Garde.

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Choix de partenaires
La longue expérience de Plan Nagua a permis d’établir des critères de coopération tels:
Le choix et la sélection des partenaires sont importants. Les 35 années de coopération ont permis de bâtir des relations de confiance basées sur des valeurs et des principes comme l’équité, la justice et le partage des ressources de façon équitable. Au cours des années, le travail commun sur la recherche de ressources alternatives et le partage des expertises ont permis de développer des liens forts, d’avoir une meilleure connaissance de nos réalités réciproques et des enjeux communs et finalement d’acquérir une bonne crédibilité, tant au Nord qu’au Sud.
Des ententes partenariales en République dominicaine et en Haïti favorisent des engagements et une volonté marquée de la part de tous ceux qui les ont signées à mettre de l’avant des activités qui vont rapprocher les deux peuples.
L’expertise des partenaires au Sud et au Nord est très importante. Par exemple, au Sud la diversité des expertises des différents organismes en fait une équipe multidisciplinaire pouvant œuvrer dans plusieurs domaines. Ces organismes rejoignent plusieurs communautés qui à leur tour en rejoignent d’autres. Nos partenaires sont donc des agents multiplicateurs travaillant au sein d’un large réseau.

Nos partenaires se caractérisent comme suit: partenaires diversifiés, structures fonctionnelles et démocratiques, personnel motivé. En ce qui concerne la propriété locale des actions de coopération internationale, il n’y a pas de doute que les conditions sont réunies pour son atteinte:
la prise en charge par les bénéficiaires;
la bonne capacité d’analyse des partenaires;
l’implication de l’État;
la contrepartie financière locale des projets;
les résultats atteints par les actions de développement (ex.: augmentation des revenus, changements d’attitudes et de comportements, meilleure organisation des paysans, capacités développées, meilleure alimentation);
le souci constant des partenaires d’atteindre des résultats durables;
le choix des activités avec le partenaire/terrain.

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